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Enseignant muté pour un profil sur internet: le CGL parle d'homophobie
Article du 11/09/2007
On est sait davantage sur l'affaire de l'enseignant de la banlieue de Rouen muté pour avoir fait figurer sur un site de rencontres gay une image de lui à caractère sexuel. Le CGL révèle les circonstances de cette affaire et en dénonce l'homophobie sous-jacente.

L'affaire s'est produite au Lycée Le Corbusier à Saint-Etienne du Rouvray en Seine-Maritime.

Selon des informations transmises à la rédaction d'E-llico.com par le CGL-Paris/IDF, lors de la réunion préparatoire de rentrée, le proviseur de l'établissement aurait informé l’assistance que l'un des professeurs de français de l'an dernier, avait quitté l'établissement "de son plein gré" et que "toute rumeur le concernant sera sévèrement réprimandée par l'administration".

Ces propos auraient suscité la consternation au sein de l'assistance, aucun enseignant n'ignorant que le professeur de français absent - qui n'avait jamais caché son homosexualité - avait fait l'objet d'une lettre de dénonciation anonyme de la part d'une collègue de travail au nom de la morale.

Au départ de l'affaire, des élèves sont parvenus à se connecter sur un site Internet de rencontres pour adultes homosexuels, y ont trouvé le profil de leur enseignant, avec une photo où on le voit nu de dos. A partir de cette "découverte", ils ont mis au courant certains enseignants et l'un d'entre eux a adressé une lettre à sa hiérarchie qui a déclenché le processus de sanction.

"Ce site Internet n'est pas interdit, il est réservé aux adultes consentants qui doivent créer un compte pour s'identifier, fait très justement observer le CGL Paris. Les parents n'ont pas activé le contrôle parental sur les ordinateurs de leurs enfants, sinon, ils n'auraient jamais pu accéder aux profils des internautes inscrits".

"Les enfants, leurs parents et les enseignants complices ont attenté à la vie privée du professeur de français", s'indigne le CGL. "Mais pire encore, comme cet enseignant est homosexuel, il fait l'objet d'une sanction pour motif d'immoralité et se retrouve muté dans un autre établissement, soit-disant de sa propre initiative", ajoute Christine Le Doaré, présidente Centre Lesbien Gay Bi et Trans. Paris IDF.

En réalité, le professeur a été convoqué au rectorat de Rouen où lui a été proposée une mutation qu’il a dû accepter afin d'éviter le risque d'être frappé d'une mesure disciplinaire. Cette manière de faire constitue une pression administrative caractérisée.

"Si les élèves avaient trouvé un profil de leur enseignant sur un site de rencontres hétérosexuelles que se serait-il passé ? Probablement rien, rigolades, complicités et puis c'est tout", suggère le CGL pour qui l'affaire relève bel et bien d'une forme d'homophobie.

"La loi interdit la discrimination homophobe sur le lieu de travail, mais dans les faits qu'en est-il ? Combien d'enseignants français sont-ils confrontés à des situations similaires ?" interroge le Centre qui demande que soient enfin prises les mesures nécessaires pour lutter efficacement contre l'homophobie subie autant par des enseignants que par des élèves dans l'éducation nationale.
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