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De stonewall à Bruxelles
Article du 20/05/2007
Tout commença le 28 juin 1969 quand les visiteurs du Stonewall Inn, un bar de New York, font l’objet d’une descente musclée de la police. Les agents sont séquestrés et pris en otage. Les jours suivants, les homos et les lesbiennes se rassemblèrent au voisinage de Christopher Street avec les slogans «Gay Power !» et «Gay Rights now !».

Fin des années 70, début des années 80, la communauté belge organisa plusieurs fois des manifestations de rue pour montrer son existence et revendiquer ses droits. La première eut lieu le 5 mai 1979 à Anvers. L’année suivante, la manifestation eut lieu à Bruxelles et en 1981 de nouveau à Anvers. A la conférence de presse précédant le cortège de 1981, Eliane Morissens, un professeur lesbienne de Feluy, prit la parole ; elle avait reçu son préavis après sa participation à une émission sur l’homosexualité à la télévision.

Durant les années 80 ; le mouvement holebi (homosexuels, lesbiennes et bisexuel(le)s) ralentit. On ne parvint pas à organiser un «Samedi Rose» annuel. Fin des années 80, la «Federatie Werkgroepen Homoseksualiteit» (FWH) organisa un voyage en bus au «Samedi Rose» des Pays-Bas.

Ce fut l’occasion pour les visiteurs belges de reprendre goût à ce genre de manifestation. La FWH et «Roze Aktiefront» (RAF) formèrent un comité unique pour l’organisation du premier «Samedi Rose» des années 90 et qui eut lieu à Anvers le 5 mai 1990. Dans le cortège, on remarqua la présence de nombreux hollandais venant soutenir cette première manifestation de la décennie. Après le cortège, se présentèrent entre autres Guido Belcanto et Margriet Hermans. Un représentant des mouvements francophones prit la parole. Il fut décidé d’une organisation bisannuelle de l’événement.

En 1992, ce fut le tour de Gand. La pluie arrosa copieusement la fête en plein air. Un journal parla du «Roze Waterdag». La première présentation à la presse d’une plate-forme de revendications fut un tournant capital. Ces revendications furent actualisées en 1996, 1999, 2000, 2004 et 2005.

En 1994, le «Samedi Rose» eut lieu de nouveau à Anvers. La progression inquiétante du «Vlaams Blok» (parti flamand d’extrême droite) dans cette ville lors du «dimanche noir» fut suffisant pour manifester la présence du mouvement en montrant clairement qu'il ne courberait pas l’échine devant l’homophobie du «Blok». Les faits marquants furent entre autres les prestations de Isabella A. et du chanteur anglais Tom Robinson.

A partir de 1996, le «Samedi Rose» déménage à Bruxelles pour une période indéterminée. Deux raisons présidèrent à cette décision : Bruxelles est le point idéal de convergence pour tous les holebis de tout le pays. Et puis, Bruxelles est aussi le lieu où se prend les décisions politiques ! Une autre modification significative fut la fréquence : à partir de 1996, le «Samedi Rose» sera un événement annuel. Le nombre de chars dans le cortège et le nombre de participants augmenta de façon significative.

En 1997, la plate-forme de revendications fut pour la première fois inscrite sur 10 calicots. Ainsi, le projet du «Samedi Rose» fut mis de façon plus visible en exergue. Une journée festive de lutte durant laquelle des milliers d’holebis proclamèrent ce qu’ils voulaient voir changer.

En 1998, le nom ‘Lesbian & Gay Pride’ apporta une plus grande renommée. Le cortège arriva cette année-là place Rouppe. En 1999 , la place Rouppe fut trop exiguë pour recevoir les milliers de participants. Dès lors en 2000, ils cherchèrent un emplacement plus grand mais surtout plus visible.

Le «Marché aux Poissons», à quelques pas de la place de Brouckère et des rues commerçantes, put accueillir plus facilement la masse grouillante. A la Lesbian & Gay Pride, toutes les facettes de la communauté sont représentées. La «Belgian Lesbian & Gay Pride» (BLGP) se veut pluraliste, aussi bien sur le plan des croyances et de la politique que sur le plan du style de vie. En toute occasion ; homos et lesbiennes doivent s’épauler et manifester de concert.

En 2005, la "Lesbian and Gay Pride" quittait le Vismet pour le quartier St Jacques au coeur de la capitale. Un chateau gonflable rappellait que la première revendication était l'adoption par les couples de même sexe. Le vote à la chambre du projet de loi de Guy Swenen (député SPA-Spirit) soutenu par de nombreux parlementaires n'interviendra cependant que le 1er décembre 2005 à la chambre.

Aujourd'hui, le sénat à également approuvé ce projet de loi qui ouvre l'adoption aux couples de même sexe. Cette journée du 07 mai 2005 s'est cloturée par une soirée mémorable à l'Ancienne Belgique ce qui était également une première.

L'édition 2006, de la BLGP fut un succès malgré une météo bien triste. Celà n'a pas empeché plus de 20.000 personnes lesbiennes, gays, bis, trans-genre, habitant de Bruxelles ou simple touriste de s'éparpiller au le long du cortège ou dans le village lesbigay pour une fête ouverte à toutes et à tous.

Mais cet esprit de fête, ne fait pas oublier que la Belgian Lesbian and Gay Pride reste une manifestation politique. Des lois importantes ont été votée en Belgique par rapport aux droits civils des lesbigays et de leurs enfants. Mais celà ne signifie pas pour autant que l'homophobie a disparu.

La position de certains responsables religieux par exemple montre qu'il reste encore beaucoup de travail. Il semble aussi qu'une harmonisation au niveau européeen des lois en faveur des lesbigays pourrait être portée par le gouvernement fédéral.
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