La communauté LGBT de Bosnie est la cible de critiques homophobes et d'injures de la part des milieux politiques et religieux musulmans, à la veille de la première Gay Pride, menacée de violences.
Préparé depuis un an, cet événement prévu du 24 au 28 septembre à Sarajevo, se déroulera, selon les organisateurs "par pure coïncidence", durant le Ramadan, le mois sacré de l'islam, religion de près de 90% des habitants de la capitale bosniaque. "Ce n'est pas la première fois que l'on souhaite provoquer les musulmans pendant le mois de Ramadan", a martelé récemment le grand mufti de Bosnie, Mustafa Ceric, dans une allusion au premier festival gay organisé dans le pays.
L'association "Q", qui organise le festival, a dû déménager à trois reprises à cause des voisins intolérants. Elle va bientôt déménager une nouvelle fois, pour les mêmes raisons. Elle a reçu ces derniers jours des dizaines de menaces par téléphone, mail ou sur des forums sur Internet.
Les trois salles de cinéma ou de spectacle qui devaient accueillir une partie du programme ont renoncé à leur collaboration, officiellement "en raison de travaux".
"La provocation n'est pas du tout notre objectif. Le festival ne doit pas être perçu comme une promotion de l'homosexualité", assure Svetlana Djurkovic, 34 ans, présidente de l'association "Q".
La presse conservatrice, elle, a donné la parole aux plus virulents. "Ce n'est pas bien d'organiser ça pendant le Ramadan. Sarajevo est un milieu conservateur", a déclaré Amir Zukic, le secrétaire général du principal parti politique des Musulmans de Bosnie.
"Il faut plutôt aider ces gens à porter leur lourd fardeau", a-t-il dit en parlant de leur orientation sexuelle, qu'il a qualifié d'anomalie" et de "problème médical".
A la veille du festival, la ville s'est retrouvée placardée d'affiches proclamant "Mort aux gays".
A Sarajevo, où aucun défilé n'est prévu, la police a qualifié le festival attendu, d'événement à haut risque".
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